Face à ces monuments de pierre, une idée s’est très vite imposée à moi : ces Hommes des temps anciens ont bâti des voies royales faites de lourdes pierres, tracées et taillées pour le dernier voyage de quelques souverains. Où mènent ces couloirs ? Où voulaient-ils se rendre ? La destination n’est pas indiquée. Une chose est sûre : ces passages ont traversé les âges.

Un travail mené il y a quatre ans autour des mégalithes du Morbihan m’a amené à produire une série photographique sur le lien unissant les populations et leurs monuments de pierre. Dès mes premières prises de vue, je suis fasciné par les monuments des sites de Locmariaquer, et notamment du Mane Lud et des Pierres Plates : ces longs couloirs qui séparent le dehors du dedans, tels des sas de décompression, et m’entrainent vers un espace isolé du monde extérieur par des murs infranchissables.

Je sais où je vais aller : je vais me terrer dans le fond quand il n’y aura personne, et attendre, tapi dans la pénombre, que la lumière me montre le chemin. Alors, peu à peu, les formes apparaissent, éclairées par les puits de lumière d’où filtrent les rayons qui illuminent les gravures. L’expérience est quasi mystique : Posté dans l’obscurité, je suis venu enregistrer ces lieux de passage vers un au-delà imaginé, mythique.

Pour transmettre ces sensations à travers mes photographies, j’ai travaillé à produire des images à l’aide d’un système filtrant la lumière, afin d’obtenir des tableaux quasi monochromes : des épreuves témoignant d’une perception altérée, voilée par la lumière et par l’usure du temps.

L’exposition est à retrouver à partir du 3 juillet sur le Site des Mégalithes de Locmariaquer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>