BRUME-1

« Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d’hier, des millions d’hommes s’éveillent, déjà exténués d’aujourd’hui ».

La nuit des temps, René Barjavel, 1968.

Profondément marqué par la tragédie qui a ravage l’Asie du Sud-Est, le 26 novembre 2004, je sors de mon logement, à l’aube, et photographie les ombres et silhouettes qui s’activent autour de moi. Les images projetées dans le poste de télévision ce jour là me hantent : au lendemain de Noël, apparaissaient à l’écran des bouts de fourmilières humaines, chassés comme des jeux d’enfants par une vague immense et fabuleuse.

La série Brume introduit une réflexion sur la place de l’image, et particulièrement sur la représentation des événements par l’image dans les médias contemporains. Vécu comme le paroxysme d’une forme illustrative télévisuelle violente – déjà initié au moment des attentats du 11 septembre 2001, le traitement médiatique du tsunami qui ravagea les côtes de l’Asie du Sud-Est le 26 décembre 2004 est sans équivoque. Il faut tout montrer et tout voir lorsque la réalité est sensationnelle et morbide. L’information continue nous entraine ainsi dans l’appréhension pourtant impossible d’un monde en souffrance, étranger, lointain et cependant si proche.

Quelques heures seulement après ce raz de marée, les téléviseurs en déversaient les images, sans discontinuer, à la façon d’un film catastrophe. Le jour suivant celui de Noël apparaissaient à l’écran des bouts de fourmilières humaines, chassés comme des jeux d’enfants par une vague immense et fabuleuse.

Ce jour là, je me réveillais traumatisé au milieu de ces fantômes qui ont hanté ma nuit, je les reconnaissais autour de moi et j’errais comme eux, étourdi au milieu de cette brume épaisse.

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Cédric W.

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