Une place

Une place

Une Place, est un récit documentaire sur la Maison Emmanuel, un centre Québecois qui encadre des personnes autistes.

Comment réaliser ce sujet sur une communauté qui encadre des personnes dites « autistes » ? Comment parler de ce lieu qui donne espoir, où tous cherchent l’épanouissement et le respect de l’autre comme seule solution acceptable ?
Dans un premier temps, j’ai voulu tout prendre, chercher à inventorier les ingrédients pour pouvoir partager à mon retour les fruits de cette découverte … et puis je me suis rendu compte que les messages essentiels et évidents tenaient dans quelques séquences, quelques histoires photographiées. Ces solutions choisies par la
communauté, qui permettent l’épanouissement des individus, handicapés ou non, semblent émaner du simple bon sens. J’espère que ces photographies montrent que les recettes simples sont parfois les meilleures, et que les problèmes sont souvent moins insolubles qu’ils ne le paraissent.

Une place, portraits des derniers jours
Quelques jours avant de quitter la communauté. Je suis dans ma chambre, la lumière qui entre par la fenêtre est diffuse et je me dis que, quoi qu’il arrive, je ne pourrai tout montrer. Je dépose mon appareil habituel et m’empare de mon vieux Kowa 6, un lourd appareil à film 120. J’attrape les films que je sais être vieux et périmés que je destine à autre chose, parfois j’aime l’aléatoire, de toute façon c’est tout ce qu’il me reste. Je prends au passage le lourd pied Gitzo en acier
dont j’ai très peu l’usage étant donné le type de photo que je réalise … et je pars à la recherche du bon endroit. Alors je propose à chacun de poser devant cet appareil. Après avoir passé des mois à me faire oublier, je leur demande de poser là, face à l’objectif, devant moi. Dès les premiers films, je sens que mon appareil déconne … mais c’est trop tard, dans quelques heures je prendrais l’avion et ces portraits il faut que je les fasse, maintenant. C’est comme ça.