Création présentée à la chapelle des Carmélites à Ploërmel, Morbihan, Bretagne du 4 juillet au 6 septembre 2026
J'ai composé la série Tant qu'il y aura de la lumière comme une simple chronique. Les épreuves présentées sont les empreintes d'une fin d'été au bord de l'eau. Elles apparaissent pareilles à des traces de sels sur la peau, ou des marques de bronzage. Elles sont les reflets de la lumière d'été, de la fin des vacances avant le retour de jours moins ensoleillés, moins insouciants, moins libres.
Ces photographies sont aussi les fruits des instants passés à retenir la lumière, à tenter d'enregistrer chaque miroitement dans les cheveux, chaque reflet sur le monde avant la fin du jour. Capturer ces ocres, ces ors, ces rougeoiements et toutes ces teintes sublimes avant qu'il soit trop tard, avant que tout s'en aille.
Je n'utilise pas d'objectif, ni de lentilles pour réaliser mes photographies : la lumière traverse simplement des trous minuscules que j'ai percé à l'aide de fines épingles dans une platine en métal. Se focalisant à travers ces trous, la lumière trace son empreinte sur la surface sensible.
En pratiquant plusieurs trous de différents diamètres, j'obtiens des superposition, des echos visuels promptes à évoquer la persistance des événements dans nos esprits. Ce système optique rudimentaire est appelé sténopé.
Dans mes compositions, j'aime que les choses ne soient pas évidentes, nettes, lissées et propres. Le flou et les défauts, inhérents au procédé utilisé, sont une aubaine pour moi : ils sèment le doute, et le doute profite à la réflexion, à l'imagination et la projection.
La lumière me fascine. Elle est éblouissante, versatile et par nature, insaisissable. Elle vient et repart sans se laisser dompter. Au prix d'acrobaties et de quelques étoiles aveuglantes, seules me restent ces quelques épreuves qui constituent ma récolte : mon précieux butin.











